sobika.com : bonjour Poopy. Merci de nous recevoir pour cette première interview sur Sobika.com. On vous connait sans vous connaitre vraiment. Notre première question sera donc : comment vous appellez vous Poopy ?
Poopy : Bonjour à tous les lecteurs de Sobika.com. Mon véritable nom est José Helihanta Ramahavalisoa. Mon pseudonyme vient du surnom que nous donnions, dans ma famille, à l'une de mes petites cousines à laquelle tout le monde disait que je ressemble énormément. Elle, elle est maintenant plus connue sous son vrai prénom de Giana, parce qu'elle chante aussi : elle est la fille de Voahirana, l'ex-chanteuse du groupe d'Henri Ratsimbazafy, qui est la s½ur de mon père.
sobika.com : Si je comprends bien, tout le monde fait de la musique, dans votre famille ?
Poopy : Oui, chez nous, c'est une tradition. Je n'ai fait que la suivre quand je suis entrée, de dix-sept à vingt ans, comme soliste dans le groupe de Njila. Depuis 1989, j'ai choisi de voler de mes propres ailes...
sobika.com : La musique n'était pourtant pas votre unique passion je crois ?
Poopy : Non. Depuis mon adolescence, je suis tout autant passionnée par la religion.
sobika.com : Votre caractère très pieu vous aurait permis d'entrer dans les ordres ?
Poopy : Cette question m'embarrasse, parce que je n'aime pas trop parler de moi. Tout ce que je peux dire, c'est que je suis plutôt modeste, et même introvertie. Aussi, je ne cherche jamais les complications et j'ai horreur des personnes exigeantes, comme des préjugés.
sobika.com : Vos chanteurs préférés reflètent ce caractère simple, modeste presque timide ?
Poopy : Oui je crois. Les artistes que j'apprécie sont Henri Salvador, Abba et les Carpenters. A vous d'en tirer les conclusions !
sobika.com : quelles sont vos couleurs favorites ?
Poopy : Le bleu avec du brun et le noir avec du blanc. C'est ce que je porte pour chacun de mes spectacles, aussi bien dans mes vêtements que mes chaussures.
sobika.com : Votre style musical, vous le qualifier comment ?
Poopy : Je ne chante que des variétés, parce que j'ai horreur du rock et de tout ce qui lui ressemble. Pour les textes, ils parlent toujours d'amour, bien sûr. Mais je l'étends parfois à l'amour de la patrie, de la nature, de Dieu. Dans ce dernier cas, j'adore unir ma voix avec celles de chorales.
sobika.com : Vous n'y consacrez quand même pas tous vos loisirs ?
Poopy : Non, bien sûr ! J'aime aussi cuisiner et rien ne me rend davantage heureuse que d'entendre mes enfants me dire : « Oh ! maman, qu'est-ce que c'est bon ! »
sobika.com : Quels sont vos plats de prédilection ?
Poopy : Je raffole du poisson en général et du tilapia en particulier ; je suis fidèle à la cuisine malgache, spécialement au porc aux brèdes ou aux feuilles de manioc, ou servi avec des crevettes fraîches. Mon péché mignon reste le chocolat, auquel je ne résiste pas, même quand il le faudrait !
sobika.com : Vos meilleurs souvenirs concernent la table ?
Poopy : Pas seulement concernant la table ! J'oublie encore moins la robe blanche de ma première communion, la cérémonie de mon mariage, les jours où j'ai accouché de mes enfants, les actions en faveur des mères de la fondation Marie Stopes International, les ½uvres de l'USAID et de l'UNICEF qui m'a honorée du titre d'ambassadrice pour l'enfance, ainsi que le jour où j'ai été prise en photo au côté de Bonnie Tyler, en Afrique du Sud.
sobika.com : Vous êtes de confesssion catholique, mais votre mari et manager, Naivo, lui, est d'origine protestante ?
Poopy : Oui, c'est pour cela que le quinzième anniversaire de ma carrière, en juin 1998, a été célébré au temple d'Isotry-Fitiavana, avec les Chorales adventistes,Ny Mpitory et Feon'Anjomara. Ma joie a atteint son paroxysme quand Ny Mpitory a fredonné la cantique de rajout (Fihirana Fanampiny) : « Ray o,mba faniriako raha toa ka sitrakao ny handova lanitra dieny ety an-tany... » Comme mon âme était élévée et montée vers le ciel.
sobika.com : Le vingtième anniversaire, lui, a été fêté au FJKM (Eglise de Jésus-Christ à Madagascar) d'Ankadifotsy ?
Poopy : Oui, comme le vingt-cinquième, le 18 mai 2008.
sobika.com : Une telle carrière a dû vous valoir bien des aventures ?
Poopy : Pas seulement des épisodes agréables. Je ne suis pas par exemple près d'oublier le jour où la fermeture à glissière de mon pantalon s'est bloquée dix minutes avant mon entrée en scène : il a fallu la coudre en toute hâte ! Une autre fois, c'est un talon de chaussure qui s'est cassé une demi-heure avant le spectacle et il m'a fallu courir chercher une autre paire... Lors d'un concert à Ambatondrazaka, j'ai eu un tel trou de mémoire que je ne me suis pas souvenue même du premier couplet de ma première chanson ! Il a fallu passer le micro au public qui, heureusement, la savait par c½ur.
sobika.com : Vous n'avez pas vécu que des mésaventures ?
Poopy : Non, bien sûr. Je me rappelle aussi qu'à la fin du tournage d'une émission d'Hetsoro, à Tamatave, un parfait inconnu est venu me demander si je faisais du cinéma et il a ajouté : « On m'a dit que le grand poète Nalisoa Ravalitera est le cousin de votre mère? Alors, dès mon retour de Foulpointe, je ne manquerai pas d'aller voir Nalisoa pour lui dire que j'ai rencontré sa nièce. Mais, au fait, comment vous appelez-vous? » J'ai répondu : « Mon nom de chanteuse, c'est Poopy... » Alors il s'est exclamé : « Ah ! t'es Poopy ! C'est toi, Poopy ? Poopy, la chanteuse ? » J'ai été très touchée de comprendre qu'il me connaissait sans m'avoir jamais vue...
sobika.com : C'est votre métier qui vous a fait connaître votre mari ?
Poopy : Oui et non : Naivo et moi nous étions déjà rencontrés au lycée Galliéni ; mais, comme il était très moqueur, il ne m'a pas plu du tout. C'est beaucoup plus tard qu'il est venu me proposer de chanter une chanson qu'il avait composée. Quand il s'est mis au piano pour m'accompagner, il a commencé à se passer quelque chose de nouveau entre nous.
sobika.com : Comment trouvez-vous les jeunes chanteurs actuels ?
Poopy : Pas trop mal, quand ils ne confondent pas l'art avec le commerce.
sobika.com : Votre groupe se heurte-t-il à des difficultés ?
Poopy : Bien sûr ! Ces derniers temps, aucun artiste malgache ne parvient plus à remplir le Palais de la Culture. Alors, je m'inquiète de la diminution du nombre de nos spectateurs. Je ne suis pleinement heureuse que quand je les entends siffloter ou fredonner avec nous
Merci Poopy pour cette interview et pour toutes vos sincères réponses
Propos recueillis par Yvonne Razanamasy.